samedi 7 juillet 2012

De ce que le monde sera dominé par une cigale

Hier, j'ai rencontré un élève-ingénieur, il m'a dit qu'il suivait ces études pour "conquérir le monde". Pauvre petite chose. Il ignore que la place de maître du monde est déjà réservée pour les décennies à venir.

J'ai déjà évoqué La Cigale. Mais comme elle est déjà pleinement lancée dans son projet de domination du monde, il vaut mieux que je lui consacre un article en entier, histoire que, quand elle sera à la tête d'une société style Massive Dynamic (mais en moins fictive), elle ait quelque sympathie pour moi et me laisse ouvrir dans ses bâtiments le restaurant de tacos que j'avais pour projet d'ouvrir avec Karma (parce que c'est trop pas juste que Dexter il puisse bouffer des burritos tous les jours et pas nous).

La Cigale et moi, nous nous sommes rencontrées au début de notre année de spé, dans une situation qui tient du miracle étant donné que c'était en salle de travail. Oui, j'y suis déjà allée une fois. En vérité, j'y passais même beaucoup de temps au début de mon année de sup. A l'époque, j'étais interne-externée, ce qui faisait que je venais petit-déjeuner et dîner avec les internes avant de rentrer en cours / chez moi. Et puis bon, je n'avais pas encore ma connexion internet surtout, des fois que vous croyiez que mes intentions étaient nobles en restant travailler au lycée le soir. Du coup, je retrouvais mon interne préféré - auquel un article sera invariablement consacré un jour ou l'autre - et je profitais péniblement des ordinateurs poussifs de la salle de travail. Souvent, j'avais le plaisir de rencontrer des élèves de scientifique, inaccessibles en journée puisqu'ils occupent un bâtiment différent, et l'âme esseulée que j'étais se faisait un devoir d'engager la conversation - surtout en présence d'un mec mignon - et de ruiner leurs propres révisions. Puis, j'ai eu internet chez moi, et tout a changé. La salle de travail est devenu un lieu de salutations, puis une simple prise où brancher mon ordinateur portable en regardant un film pendant mes heures de trous. Mais au début de ma spé, dans un élan inespéré de bonne volonté, j'ai mis les pieds en salle de travail à des fins honorables.
Sauf que je suis tombée sur La Cigale.
J'apprenais mon cours d'histoire, elle apprenait son cours de physique. De par les lois universelles de la prépa - et mes aptitudes salutaires à sympathiser en salle de travail - il fallait que ces deux éléments entrent en collision.
Je me suis foutue de son cours de physique, elle s'est foutue de mon cours d'histoire ; elle a commencé à entourer les mots qu'elles ne comprenait pas dans mon cours d'histoire, je n'ai même pas cherché à trouver un mot que je comprenais dans son cours de physique. Cela aurait pu s'arrêter là - sauf que le destin voulu que nous vivions dans le même quartier.
Je me mis à croiser La Cigale à une fréquence quasi-quotidienne. Invariablement, la situation était la suivante : je rentrais chez moi jouer sur mon PC, elle rentrait au lycée travailler. J'avais tout pour sauver l'honneur des littéraires, voyez-vous. Mais cela importait peu : à chaque fois, nous nous saluions, elle s'émerveillait devant la quantité faramineuse de travail que je fournissais - oui, oui, c'est le moment où je manque m'étouffer avec ma propre salive - et nous parlions jusqu'à ce que le temps ne se mette à presser, puisque mes raids ses oraux n'attendaient pas. Cette série de badinages ponctuels et innocents aurait pu continuer longtemps, jusqu'au jour où s'est déclenchée la terrible suite d'évènements qui nous lierait à tout jamais même au travers de la mort de l'Enfer et de la mort de Batman (oui je sais ça fait deux fois mort) qui ferait passer cette relation au stade supérieur.

Nous sommes le samedi 28 janvier 2012. Aux alentours de 13 heures 30, La Cigale rentre paisiblement chez elle - du moins, c'est ce qu'elle croit. A environ 100 mètres de son domicile, La Cigale se fait intercepter par un individu masqué, lui-même accompagné d'une dizaine d'individus masqués. L'individu masqué se détache du groupe d'individus masqués, et cours vers La Cigale non masquée en hurlant son nom. La Cigale non masquée a un mouvement de recul face à l'individu masqué dont l'intelligibilité n'est pas assurée. En fin de compte, à bout d'arguments, l'individu masqué finit par se démasquer. "Alleeez, s'il te plaît, viens à la manif avec nous !" dis-je démasquée. "Non mais ça va pas, t'es malade !" me répond La Cigale non masquée à peu de choses près. S'ensuit un interminable chantage qui finit par aboutir de la manière suivante : je vais manifester masquée, La Cigale va travailler non masquée. Match nul. Mais cet évènement ne fut pas sans incidence.
Nous sommes le samedi 28 janvier 2012. Aux alentours de 19 heures 30, La Cigale reste paisiblement chez elle - du moins, c'est ce qu'elle croit. A environ 100 mètres de son domicile, une dizaine d'individus accompagnés d'une dizaine de masques et de quelques dizaines de bouteilles de bière se retrouvent dans un petit appartement proche du centre-ville de Montpellier. Au bout d'un temps indéterminé, la Cigale vient de son propre chef chercher le bâton pour se faire battre sur facebook : "t'es pas en train de manifester ?" S'ensuit ce qui devait s'ensuivre. Une demi-heure et un enfilage de pantalon plus tard, La Cigale se retrouve au milieu d'une dizaine d'individus accompagnés d'une dizaine de masques et de quelques dizaines de bouteilles de bières vides. Mais comme La Cigale vient de la Réunion, elle apporte une bouteille de rhum.  Mais comme La Cigale n'est pas une vrai réunionnaise, elle ne tient pas le rhum.
La Cigale finit par-terre - presque au sens propre du terme.

Et comme les cuites rapprochent les gens, celle-ci fut le début d'une longue série. A partir de là, on a commencé à se voir un peu trop souvent. En vrac:

On s'est bourré la gueule la veille de mon concours blanc de littérature.
On a pris des photos débiles debout sur les tables de la salle de travail.
On l'a attachée à un poteau avec du chatterton à deux semaines de ses concours - et chaque jour qui passe je vois encore ce bout de chatterton attaché au pied de ce poteau depuis des mois.
On a fantasmé sur Charlize Theron - surtout elle.
On a fantasmé sur Andrew Garfield - surtout moi.
On a ramené chacune un plot de la voirie dans notre appartement.
J'ai suspendu son sac du 4ième étage - mais comme c'était après l'épisode du chatterton et qu'elle était pas top top happy du pot de miel je lui ai rendu sans discuter.
On a dansé comme des tarées sur des wub-wub-wub.
On a marché sous la pluie avec des cheeseburgers détrempés.
On a mangé des double-cheeses par dizaines.
On a choqué des gens de petite nature.
On a regardé un film d'horreur qui fait peur à personne sauf à elle.
J'ai fait des dessins obscènes sur ses exos de maths.
Elle m'a fait des dessins de cochon volant et d'escargot à pattes.

Et aujourd'hui, je peux annoncer avec fierté que j'ai un dessin de cochon volant de la main de la future maîtresse du monde.

Parce que La Cigale, c'est pas simplement une lopette qui tient pas l'alcool - aussi, mais pas seulement (je sens que je vais mourir). La Cigale, elle poutre aussi du poney sauvage.

La Cigale et moi, nous nous sommes rencontrées au début de notre année de spé, certes ; sauf que pour elle, c'était la deuxième année de spé. Ne jugeant pas les écoles obtenues lors de ses précédents concours à la hauteur de ses ambitions démoniaques, La Cigale a entreprit de se relancer pleine de résignation d'espoir et d'enthousiasme dans une troisième année de prépa. La pauvre.
"Faut qu'je bosse" est certainement la phrase que je l'ai entendue le plus souvent prononcer (bon, en fait, c'est pas tout à fait vrai, mais les premières places sont occupées par un contenu explicite que je ne me permettrai pas de rapporter ici, je suis un blog tous publics nom d'un dual-core). Au cours de cette année, La Cigale a travaillé, travaillé, bu, et encore travaillé. Moi, j'ai fait pareil, mais dans des proportions différentes - d'ailleurs, je trouve que mon exposé de géographie sur la viticulture en Argentine était particulièrement bien choisi. La Cigale n'a pas fait d'exposé sur la viticulture en Argentine. La Cigale a passé des oraux sur des mots que je ne saurais même pas prononcer. La Cigale m'a nourrie au sein de ses fantasmes de puissance et de pouvoir illimité tout au long de l'année. La Cigale savait, depuis le commencement, qu'elle était destinée à être une femme de l'ombre, renonçant à la renommée pour tenir dans ses mains, à l'abri des regards et des reproches justifiés, les rênes du monde. Et bien sûr, comme on pouvait s'y attendre, La Cigale a déchiré grave aux concours cette année ; presque un génocide pour les poneys sauvages.

Et bien sûr, entre "Faut qu'je bosse pour mes écrits" et "Faut qu'je bosse pour mes oraux" fut une période pendant laquelle la phrase que La Cigale a le plus prononcé était "J'm'en fous, je suis admissible à Centrale Paris !" A ce moment-là elle était invulnérable. Quoi qu'il puisse lui arriver, elle n'avait qu'à clamer "J'm'en fous, je suis admissible à Centrale Paris !" et le monde lui appartenait. Tout se pliait à sa volonté, sur son passage tout s'inclinait face à sa supériorité écrasante, et elle n'avait qu'à lever la main pour balayer d'un geste toute contrariété. Bref, La Cigale kiffait grave.
Et elle kiffe toujours grave, d'ailleurs. A l'heure où j'écris ces lignes, quelque part à Paris, elle court entre deux oraux. Pleine de confiance et de certitudes, elle m'a envoyé hier soir le message suivant : "J'ai bu trois cafés j'ai froid je stresse. Je pourrais faire un milk-shake rien qu'en tenant une bouteille de lait." Si preuve il vous fallait que La Cigale est toute-puissante, la voilà. Et je sais pas vous, mais j'adore les milk-shakes.

Je transmets donc l'expression de mes encouragements les plus sincères à la future maîtresse du monde pour ses oraux, parce que si elle les rate, ben, euh, elle sera pas maîtresse du monde, et moi je devrai trouver d'autres semelles à lécher, qui tiendront peut-être un peu mieux le rhum.



To cut a long story short, morale de cette histoire : le monde sera dominé par une cigale à la tête d'une compagnie de milk-shakes. Et tout le monde bouffera des burritos avec.


samedi 30 juin 2012

Je suis une intellectuelle, moi, monsieur !

Mercredi soir, désespérée d'avoir passé une journée totalement improductive, j'ai téléchargé obtenu par des moyens légaux The Lady, de Luc Besson. Un film qui raconte l'histoire de Aung San Suu Kyi, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 1991 pour s'être illustrée dans sa lutte pour la démocratie en Birmanie, et bref elle a une page Wikipédia. Je comptais beaucoup sur le potentiel culturel de ce film pour élargir mes horizons politiques. Ainsi, quand hier soir je me suis retrouvée trop désintégrée par des maux de têtes pour aller à ma soirée de désintégration, j'ai décidé de rendre hommage à mon amour du bon cinéma et à mon intérêt pour l'histoire moderne.

J'ai regardé Thor.

Et j'ai appris plein de choses.
D'abord, que Natalie Portman jouait dedans, ce qui m'avait totalement échappé durant la promotion du film, ou plus probablement que j'avais complètement zappé aussitôt qu'elle s'est achevée. Et je veux pas dire mais entre Natalie Portman et Scarlett Johansson dans Avengers, il a quand même de la chance avec les nanas qu'il se coltine, le Thor. Je pense que sur la base de ces analyses, on peut miser sur le casting de Charlize Theron pour Avengers 2. Bah quoi, il lui manque une blonde à Chris Hemsworth ! [Edit : ah ben non, suis-je bête, il a déjà eu l'occasion de la mater dans Blanche-Neige et le chasseur !]
Ah oui, la deuxième chose que j'ai apprise, c'est que c'était Chris Hemsworth le gars super musclé qui jouait Thor. Ce que j'ai aussitôt oublié. Ce que je viens de ré-oublier. Aung San Suu Kyi. [Eh merde, pas le bon copié-collé]. Chris Hemsworth, voilà, je vais tâcher de m'en souvenir. Oh et puis on s'en fout, il a des muscles, c'est tout ce que j'ai besoin de savoir.
Troisième découverte, mais qui était plutôt une confirmation dans la mesure où j'ai vu Avengers avant Thor : Loki a bel et bien été adopté. En même temps, je ne sais pas comment lui-même a pu mettre autant de temps à s'en apercevoir, moi je l'ai vu au premier coup d'œil, c'est tellement évident, il est le portrait craché de son père ! Du coup, je sais pas si Draco Malefoy est au courant que Salazar Serpentard a un descendant direct, voilà qui va lui faire de l'ombre...
Et putain j'ai déjà oublié le nom de l'acteur qui jouait Thor (mais je me souviens qu'il a des muscles).

Bref, comme j'étais déjà bien lancée dans les chefs-d'œuvre du cinéma historique, je me suis dit que je ne pouvais pas m'arrêter en si bon chemin. Mais comme le nouveau Spider-man ne sort que le 4 Juillet, j'ai dû chercher bonheur ailleurs. Du coup, je me suis rendue dans une partition mystérieuse de mon mystérieux disque dur, et y ai ouvert un dossier mystérieux mystérieusement baptisé de ces lettres mystérieuses : F, I, L, M, S. En gros, je suis allée à la cave. Car dans ce domaine interdit s'entassent des dizaines et des dizaines de vidéos abandonnées, recluses, qui depuis des mois attendent dans l'ombre que je veuille bien m'intéresser à elles - oui, j'ai un gros problème d'accumulation, qui rejaillit sur les étagères de mon appartement. Ce que j'ai devant moi, c'est une armée de films que j'ai enrôlés juste parce que je le pouvais, mais pour lesquels je n'ai finalement éprouvé qu'un désir bref et stérile. Des films intellos que j'ai pris pour faire bien mais que j'ai pas la motivation de visionner, des blockbusters qui me bottaient bien mais que j'ai honte de visionner, et puis des films dont la bande-annonce était bien mais que j'ai simplement la flemme de visionner. Et le pire dans tout ça, c'est que j'ai des tas de DVDs qui s'entassent dans ma bibliothèque et sur mes accoudoirs, des films dont j'estimais qu'ils valaient la peine de payer par pure volonté de mécénat (ou parce qu'ils sont putain de difficiles à trouver, les enfants de troll), mais que la paresse de me lever ou simplement de m'étirer met perpétuellement hors de ma portée.
En fin de compte, dans ce mouroir cinématographique, j'ai fini par me rabattre sur une prise relativement récente. A peine plus de deux mois, d'après Propriétés, et ce gars-là est toujours bien renseigné. Priest, un film que j'avais eu envie de voir rien que parce que je trouvais l'affiche classe - elle me rappelait un peu certains passages de Dark World / Franklyn. Puis, j'avais appris que ça parlait de vampires, et ça m'avait un peu refroidie. La créature que petite déjà je traitais avec condescendance, me jugeant au-dessus de ces histoires vulgaires, avait de plus pris un sacré coup de droite avec Twilight et toute l'engeance de romances sanguinolentes qui avaient fleuri autour : pas que j'ai jamais cru que le Priest allait tomber amoureux de la reine des vampires, hein, mais ça avait créé un effet de mode autour de la bestiole et je déteste les effets de mode - dit-elle en ouvrant un blog de biatch, ndlr.
Pire : Priest est adapté d'un manhwa. Je n'ai jamais touché un manhwa de ma vie, bien sûr, je suis encore pure et innocente, mais étant donné la moyenne de geekitude chez mes amis, je pouvais être certaine que j'allais m'en prendre la moitié sur le râble pour m'entendre dire que oh mon Dieu comme c'est trop mal adapté c'est horrible l'auteur se retournerait dans sa tombe ah mais merde il est pas mort bon ben c'est pas grave alors. Expérience que j'ai d'ailleurs menée avec succès sur facebook muhahahahah. Enfin, toujours est-il qu'à la sortie ciné de Priest, j'avais entendu dire partout que c'était une mauvaise adaptation, comme j'ai toujours entendu dire partout au sujet de toutes les adaptations, ce qui représente ceci dit la plus grande partie de la production cinématographique, et pourtant il y a de bons films.
J'ai donc balayé ces hués d'un revers de la main et j'ai lancé le film. Et franchement, je n'en ai pas une mauvaise opinion. Pas une excellente non plus, mais chaque chose en son temps ; d'abord les points positifs !

1 - Il suffit d'une petite comparaison, mais les images parlent mieux que les mots :


Je ne pense pas qu'il soit utile d'indiquer quel est le vampire de Priest. Et j'aime le fait que les vampires soit une race sincèrement différente des hommes.

2 - Comme je l'ai mentionné, j'aime l'univers, qui me rappelle un peu certains passages de Dark World / Franklyn. Et puis y'a des statues immenses qui me font penser au Seigneur des Anneaux, alors à partir de là...

3 - Je trouvais que le méchant ressemblait à Brad Pitt dans Entretien avec un vampire, du coup j'avais l'impression de regarder un bon film.

4 - Y'a du sang et des morceaux de corps partout.

5 - Y'a une asiatique en combi cuir.

Maintenant, petit tour des points négatifs de ce film :

1 - C'est sûrement une mauvaise adaptation. Comme toutes les adaptations. Comme les 3/4 du cinéma puisque plus personne n'invente rien de nos jours. Fuck you consumérisme, les banques n'auront pas nos âmes ! - oui, je sais, ça n'a aucun rapport, mais aujourd'hui on peut blâmer le capitalisme pour à peu près n'importe quoi, ça fait toujours bien.

2 - Le scénario manque bien évidemment de profondeur, comme on pouvait s'y attendre, de la même manière qu'on pouvait s'attendre à à peu près tous les retournements de situation. Si la surprise avait une carte à jouer, c'était dans les blancs scénaristiques qui ne nous permettaient pas de comprendre certains éléments avant qu'ils nous tombent sur la gueule - et je parle pas de suspens ou de coups de théâtres hein, juste de trucs que tu dois déduire à la fin du film parce que t'as pas eu plus d'explications.

3 - Le gars qui jouait Hicks c'est aussi James dans Twilight. Du coup j'ai eu envie de le baffer tout du long, et je comprenais pas pourquoi. Et en plus - comme si ça suffisait pas - il jouait mal.

4 - Bien sûr, comme ça vient d'un manhwa, faut que les personnages fassent des trucs complètement fumés et volent à l'occasion - ou alors ils ont de très, très gros ressorts dans leurs talonnettes. Conséquence logique, je suis incapable de le prendre au sérieux.

5 - Y'a qu'une seule asiatique en combi cuir.

Mais bon, dans l'ensemble, c'était plutôt cool, pas prise de tête, et je ne me suis pas ennuyée. Du coup j'ai décidé de continuer dans la lignée des biopics films de vampires, et j'ai exhumé un film qui guettait dans l'ombre de mon disque dur depuis... pas moins de 11 mois !
Je me suis donc maté Daybreakers
Dans l'ensemble, opinion très positive. Intéressant à visionner derrière Priest dans la mesure où le sujet des vampires est traité de manière très différente. Les créatures monstrueuses sont remplacées par des humanoïdes civilisés, ils ne vivent plus dans les "ruches" mais ont adapté leurs technologies, ne dépècent pas les humains sauvagement mais les exploitent comme du bétail. En fait - et oui je sais, vous allez rire vu la remarque que j'ai fait un peu plus tôt - ce film a réussi à saisir l'essence de la société de consommation à travers le filtre des vampires. En effet, ce film traite d'une crise dans la production de sang, et du coup les vampires meurent de soif et cherchent absolument une solution à la pénurie, surtout qu'ils mutent en trucs pas très glorieux sans leur dose de rouge. C'est assez drôle de voir comment ce film ne fait qu'exagérer des traits déjà présents dans notre société, en y ajoutant simplement l'élément de l'agressivité. Après tout, on a bien eu l'esclavage ! D'ailleurs, j'en ferais volontiers mon point numéro 1 dans les qualités du film.

1 - Le film a une cohésion en-dehors de l'élément fantastique, les vampires pourraient aussi bien n'être qu'un prétexte à un portrait de la société. Mais bon, c'est quand même vachement plus cool avec des vampires.

2 - Le scénario est bien sûr bien plus travaillé que dans le cas de Priest, ce qui s'explique facilement par le fait qu'on a affaire ici à une véritable réalisation made in Spierig et pas une adaptation - non pas que je pense que le format originel manque de fond, bien au contraire, le souci avec les adaptations est bien souvent de ne pas pouvoir concilier un trop grand nombre d'éléments entremêlés mais y'a des fois faut pas abuser quand même Cuarón t'aurais pu te sortir les doigts de l'arrière-train et nous pondre un Harry Potter 3 potable en prenant au moins la peine d'expliquer qui sont Lunard, Patmol, Queudver et Cornedrue, d'où vient la carte du Maraudeur et pourquoi le Patronus d'Harry est un cerf nom de Dieu c'est pas compliqué t'en avais quinze fois l'occasion et en plus tout va ensemble ! Hum, je vous demande pardon - pas à Cuarón, hein, au lecteur décontenancé, toi t'as vraiment merdé le mexicain ! Kof kof kof désolée.

3 - Le héros est un vampire végétarien qui s'appelle Edward et qui a les yeux jaunes. Sauf qu'il a la classe, parce que c'est Ethan Hawke. Et Ethan Hawke, c'est autre chose que Robert Pattison. Ethan Hawke c'est... Ethan Hawke quoi... [grrrrr meow smiley smiley cœur meow].

4 - J'ai vraiment vécu le film, de l'intérieur. Parce que pendant tout le film, j'ai grave crevé la dalle sa mère. A chaque fois qu'ils mentionnaient la pénurie alimentaire - c'est-à-dire à peu près toutes les 30 secondes - je sentais mon estomac appeler au secours, parce que son dernier vrai repas remontait au MacDo avec Karma avant-hier soir, et que j'ai fini mon dernier yaourt hier. J'étais tellement rongée par la faim et l'épuisement qu'elle entraîne que je ne me sentais même pas la force de me faire cuire des pâtes.

5 - J'ai pas d'idée précise en tête, mais il me faut un point cinq, alors ce film était cool. Ah et oui, la secrétaire du chef d'entreprise était trop bonne dans sa robe bustier rouge.

Et maintenant les points négatifs :

1 - Le premier plan montre une chauve-souris qui a faillit me percer les tympans. Et d'ailleurs, depuis quand ça s'entend, une chauve-souris ?

2 - J'ai envie de dire qu'il y a un certain nombre d'incohérences scientifiques non justifiées dans ce film, mais en même temps, on est dans un film de vampires. Ils n'empêchent que vu qu'ils parlent d'infection et de mutation, ils auraient pu au moins donner une explication complètement fumeuse pour faire genre, après tout ma série préférée c'est bien Fringe. Enfin oui, je sais. On est dans un film de vampires, on s'en tamponne vraiment.

3 - Y'a un plan au début où on voit le héros dans un rétroviseur qui prend ses affaires. Sauf que les vampires n'ont pas de reflet, blabla, donc on voit une chemise dans un rétroviseur qui prend ses affaires. Côté crédibilité, ça en jette grave. Du coup je crois que derrière ça je m'en tape de pas savoir d'où vient l'infection.

4 - Vu que j'étais focalisée sur l'imminence de ma mort par inanition, pendant tout le film je n'ai pas arrêté de penser à la boîte de maïs qui m'attendait dans ma cuisine mon couloir. Je n'avais qu'à tendre la main, pas besoin d'attendre que les pâtes cuisent, juste tendre la main et saisir mon Graal, le porter à mes lèvres et... Le truc, c'est que je sais aussi que cette boîte de maïs, c'est mon ultime secours. Genre le truc qu'il vous reste en cas d'invasion zombie et que le monde pourrait s'effondrer vous auriez cela comme unique certitude. C'est le seul truc dans mon appart qui demande pas de préparation, alors tant que j'en aurai pas absolument besoin, genre tant que je ramperai pas la bave au lèvres aux pieds de mon micro-ondes en convulsant, je n'y toucherai pas. Et un jour peut-être on pourra y étudier une nouvelle forme de vie.

5 - Y'avait pas d'asiatique en combi cuir.

Bref, tout ça pour dire qu'au final, j'ai passé un bon moment devant des films hautement intellectuels qui vont sans doute me marquer à tout jamais. Mais je m'en fous, vu que je suis plus capable d'apprécier un livre divertissant du fait de mes deux années de prépa littéraire, je m'émerveille toujours plus de pouvoir prendre mon pied devant des films de super-héros ou de vampires. Après tout, j'ai toujours été snob vis-à-vis du fantastique et de la science-fiction, mais au fond, tout au fond, je sais bien que ma Bible, c'est le Seigneur des Anneaux - et encore, les films, parce que j'ai jamais été capable de lire les livres, c'est vous dire. En fin de compte, je suis contente d'avoir vu ces films, ça faisait longtemps que je n'avais pas vu de vrais crocs, et putain faut encore que je trouve quelque chose à dire pour pouvoir garder la lueur blanche rassurante du traitement de texte.
Je vous en prie, ne vous moquez pas de moi, mais je n'ai plus de lumière dans ma salle de bain vous comprenez...
C'est pas que j'ai peur, non... Mais j'ai plus de lumière et un grand miroir... et puis en plus à un moment j'ai perdu mes lunettes, et alors oh mon Dieu on va tous mourir !
Et en plus mon copain est pas là ce soir, le salaud. Je vais me faire égorger et ce sera rien que de sa faute de méchant garçon. M'en fous, si je me fais transformer, ce sera lui que j'irai mordre en premier.

Maintenant je vais essayer de tenir jusqu'à l'aube.

vendredi 29 juin 2012

Faudra-t-il que je coure juuusqu'au booouuut ?

Je me dis souvent que la chose au monde que je préfère, c'est dormir. Parce que quand je dors, je rêve, et quand je rêve, il m'arrive toujours des aventures fabuleuses. J'ai ainsi été particulièrement marquée par un songe que j'ai fait au lycée, dans lequel j'étais un marsupilami borgne et où je vendais des cookies à la framboise, sur un roulement à billes, dans un amphi de fac. Malheureusement, peu de personnes parviennent à saisir la profondeur de cet échafaudage spirituel. C'est comme la fois où j'étais une limande dans le Bus Magique.

[Et puis en plus, c'est tout à fait plausible, dans le Bus Magique, ils descendent vraiment dans les grands fonds. J'avais juste un don de métamorphose en plus, pas de quoi en faire toute une histoire.]


Bref, j'adore rêver, parce que je sens vraiment que cela donne voix à mes désirs les plus profonds - j'adore la limande. En revanche, s'il y a une chose que je déteste par-dessus tout, c'est le rêve d'anticipation.
Je m'explique : quand vous rêvez, c'est pour vous libérer des contraintes de la réalité, pour rencontrer un dinosaure ou foutre une tarte à votre ex - ou, dans mon cas, pour vous transformer en limande, oui oui. Bref, vous êtes là pour vous éclater un max et en taper cinq au T-rex. Sauf que quand un truc vous préoccupe, enfer et damnation ! Cela vient s'incruster dans votre subconscient, et puisque cet enfant de troll est aussi là pour libérer vos angoisses, ça tourne toujours, toujours mal.
Par exemple, quand j'ai passé mon écrit de géographie, la panique s'est emparée de moi lorsque je me suis aperçue que j'avais oublié mes crayons de couleur pour la carte de synthèse. En plus, je passais en même temps l'épreuve orale d'anglais de l'ENS de Cachan, qui se fait à partir d'un document audio auquel je ne comprenais rien. Et pour couronner le tout, la salle a été attaquée par des jaguars. Bref, c'était la merde.

Aujourd'hui, je devais retourner à la fac de droit pour retenter de déposer ma demande d'équivalence. J'avais appris de l'autre étudiante en perdition, qui elle voulait s'inscrire en droit, que la personne qui se chargeait des demandes d'équivalences en science po était absente. Du coup, grande joie, j'avais l'occasion de revenir le déposer le lendemain matin. Autrement dit ce matin. Matin.
S'il est un mot qui peut m'inspirer autant de terreur qu'holocauste, c'est bien celui de matin, surtout dans le contexte des vacances scolaires. Oui, je connais trop bien ma formidable faculté, que le monde entier m'envie j'en suis sûre, de me lever entre 14h et 16h tous les jours. Le problème n'est pas le réveil en soi: le problème est de sortir du lit. Peu importe le nombre de fois où KGB me réveillera, je me retournerai et me rendormirai dans les 30 secondes. Si j'ai raté la moitié des cours entre 8h et 10h cette année, ce n'est clairement pas un hasard. Bref [et je dis beaucoup "bref" 'tain, et en plus je vous jure que c'est pas à cause de la série, je fais ça depuis que je suis toute petite bordel Canal + m'a plagiée !] j'ai horreur de me lever tant que le soleil n'est pas au moins aux trois-quarts de sa course. Et comme je ne sais plus où j'ai foutu mon portable et que j'avais grave la flemme de le chercher, je n'ai dû compter que sur mon propre instinct de survie. Et si je dis ça c'est parce que je le connais bien, ce petit con qui vient me réveiller tous les trois-quarts d'heure dès que j'ai un truc à faire. En première année de prépa il m'interdisait catégoriquement d'aligner plus de 4 heures de sommeil à la suite - le fait que je jouais à League of Legends jusqu'à trois heures du matin jouait peut-être un peu aussi, remarque. Bref [oui, encore !] j'avais laissé mon ordinateur allumé pour télécharger un film chauffer la pièce jusqu'à ce que mort s'ensuive, et à chacun de mes réveils, si l'analyse de la luminosité et du bruit dans la rue ne donnait pas de réponse convaincante, j'entrouvrais le clapet de Shawn - mon ordinateur, essayez de suivre un peu ! - et méditais sur la raisonnabilité [oui, je sais que ce mot n'existe pas mais, j'emmerde Larousse] d'un rendormissement. Sans les interruptions incessantes, ça donne: "j'entrouvrais le clapet de Shawn et méditais sur la raisonnabilité d'un rendormissement" donc. Je voyais combien de temps il restait avec que je doive vraiment me lever, et essayais d'estimer la probabilité pour que je me réveille à nouveau avant l'heure fatidique. Et forcément, immanquablement, au bout de plusieurs heures de ce petit cirque où j'enregistrais à peine quelques chiffres avant de retomber dans les brumes languissantes du sommeil, j'ai fini par me réveiller vraiment à la bourre, supplier ma mère de m'amener dans les plus brefs délais incessamment sous peu pitié ma vie est en jeu, essuyer un refus magistral, me mettre à crier, me mettre à pleurer, me mettre à casser des objets, réaliser que ma vie était ruinée et que désormais je passerai chaque jour de mon existence à astiquer le système de ventilation de chez MacDo, et me réveiller.
J'étais seule, dans mon appartement à quinze minutes de la fac, et il était à peine dix heures.
Soulagement.

Du coup, au final, je suis allée à la fac en avance sur mon planning, juste parce que cet abruti de subconscient m'avait foutu les jetons.
Je suis allée à l'accueil du bâtiment 1, y'avait personne.
Je suis allée à l'accueil du bâtiment 3, ils savaient pas. Ils m'ont renvoyée vers la bibliothèque.
Je suis allée à la bibliothèque, y'avait personne.
Finalement, on m'a incitée à m'aventurer dans les étages et à frapper à des portes au hasard. Y'avait beaucoup de portes, je savais pas par où commencer, et puis en droit y'a que des types en costard et des meufs en tailleurs - j'avais l'impression d'être à un entretien de HEC - et j'avais pas envie de déranger un de ces trucs-là, j'avais bien trop peur de me faire charger. En fait, y'avait qu'une seule salle d'ouverte, où quatre ou cinq étudiants jouaient au démineur étudiaient sur des ordis (en plus je crois que c'est vraiment le genre à vraiment étudier). Toujours est-il qu'après être passée une fois, deux fois, trois fois devant leur salle, j'ai fini par me résigner à leur poser directement la question, juste histoire qu'ils pensent pas que j'étais une touriste qui s'était perdue là en cherchant le Capitole. Et forcément, dans cette merveilleuse alchimie qu'est la fac, les élèves savent mieux que les gens de l'accueil ce qu'il se passe à l'université. J'aurais dû y penser dès le début. Ainsi, une âme charitable m'a recueillie et m'a guidée jusqu'au bureau de la secrétaire à laquelle je devais m'adresser.
Qui était pas là.
Mais enfin j'ai quand même trouvé quelqu'un à qui donner mon dossier. Rien que pour ça je te transmets mon éternelle reconnaissance, étudiant mystère qui m'a permis d'échapper à la ruine. Bon, le seul problème, c'est que j'ai pas pu demander comment remplir les parties que je savais pas remplir - c'est-à-dire la moitié du dossier d'inscription. Du coup j'ai mis des trucs au pif au crayon, et maintenant je dois adresser un mail à Sylvia. Trop bien.

Mais bon, l'essentiel dans cette histoire, c'est que je suis enfin débarrassée de ce dossier qui me pesait lourd sur la conscience. Je vais enfin pouvoir avoir l'esprit tranquille... En espérant ne pas rêver que mon mail ne parvient jamais à la secrétaire.



EDIT: maintenant que j'y repense, j'étais peut-être une raie.